Costa d’Avorio: Da Gahiè per.. noi. Traduzione de “Cronache di una Esiliata” (italiano/ français)

18 Mag

Un anno è trascorso, ma non riesco ancora a trovare le parole per descrivere questo momento. Orribile, Atroce, Inqualificabile… siamo milioni le vittime dello stupro francese. Non ricordo altro che questa data: il giorno del mio stupro.
Sì mi sono sentita violentata, sporcata, annientata. Nessuna scusa.
Nessun perdono. Nulla potrà mai liberarmene. Tutte queste domande si intrecciano vorticosamente nella mia mente. Crollo a terra. Rannicchiandomi sulle mie ginocchia. E come un fulmine la notizia: RFI annuncia che Gbagbo Laurent è stato catturato dall’esercito francese. Fonte: l’Ambasciatore francese Français Jean Marc Simon (l’ho sentito con le mie orecchie, esiste ancora la schermata di rfi.fr). Viene in seguito consegnato ai ribelli di Alassane Ouattara… Più tardi la seconda notizia: Désiré Tagro, ex-Ministro dell’Interno, ferito da più colpi di pistola alla bocca, stava morendo. Morirà poco dopo…

da Gahiè

——————————————————-

Pardon, mille fois pardon pour ce retard, chers voyageurs…
En fait, autant vous dire la vérité : Pour écrire ces chroniques, je suis parfois obligée de m’isoler, de me remémorer ces scènes horribles, presque de me rendre malheureuse à nouveau, et ce n’est pas chose facile, car je suis très heureuse en ce moment ^_^.

Mais par devoir, je dois continuer. Alors même si pour l’instant je n’ai pas de bureau (enfin, plus serait le terme approprié), j’attends patiemment que tous mes mohicans s’endorment pour écrire, ce qui n’est pas chose facile pour la simple et bonne raison que moi aussi j’ai sommeil😀 .

Merci à La Fumée Blanche, qui publie ma chronique, en plus du Gri-gri et d’Aujourd’hui. Merci également à Claudus, qui a ENFIN pris ses responsabilités de chef de la MAJ du blog…^_^ tu es un ange.
Merci à Diane, à Géraldine, à ma poupi, à Bony (power Gbi), à Greg, à théophile, à Hermann, à tous ceux qui m’ont donné le sourire au point d’en perdre la notion du malheur, surtout ces deux dernières semaines. Que de bons moments, que des discussions intenses, intéressantes autour d’un bon café… il est bon d’être en vie ! Je vous assure, il n’y a rien de tel que de sentir l’air emplir vos poumons. Rien de comparable…

———

Pendant les jours de notre exil à l’intérieur de notre propre pays, qui avait commencé depuis 6 jours, nous recevions des coups de fils. De biens étranges coups de fils, de personnes qui nous joignaient pour nous proposer leur protection. Cela se passait avant que je casse le portable de papa en petits morceaux. Je me posais deux questions : la première était de savoir pourquoi les élans de solidarité arrivaient aussi vite, la seconde c’était pourquoi les conversations duraient autant. Soyons logiques un instant. Dans cette histoire, tout le monde avait des problèmes (la guerre n’était pas encore finie et on ne savait qui était contre qui exactement). Pourquoi se préoccupaient-ils de nous si soudainement ?

Il est évident que je ne vais pas les citer, car parmi eux se trouvent, je le sais, des personnes bien intentionnées envers nous bien qu’étant rebelles (excusez-moi si pour moi, RDR=Rebelle).
Mais déjà, le premier jour de notre fuite, un homme fort du régime totalitaire illégal et illégitime en place aujourd’hui, avait téléphoné pour savoir si nous étions en sécurité. Il nous avait cependant demandé de ne pas lui dire où nous étions, même à lui en qui nous avions grande confiance, lorsque nous nous étions cachés. Il nous appelait régulièrement sur le téléphone de ma sœur cadette pour avoir de nos nouvelles, et cela, entre autres, m’a fait changer d’avis sur lui. J’ai changé d’avis sur beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, même si je sais que le jugement final ne sera pas rendu par ma personne. Mais nous y viendrons.
Lundi 11 avril 2011. Cette date, à jamais restera gravée dans ma mémoire. Comme tous les matins, après la prière, nous descendons toutes faire le ménage dans la maison de celui qui nous a accueillis. Certaines servent le petit déjeuner, d’autres nettoient, cuisinent ou lavent les habits de la famille, enfin, ce qu’il en reste, car nous étions tous obligés de pratiquer le Wash-and-wear (processus visant à laver, à sécher et ensuite à reporter le même vêtement).

Etant celle en charge de servir le petit Déjeuner, je préviens notre hôte et mon père. Etrangement, je les trouve assis devant la télé, presque immobiles, écoutant avec attention RFI. Je fais signe à mes sœurs et à ma mère qui arrivent en courant : ces Chiens enragés ont pris la résidence du Chef d’assaut. Et à entendre ceux qu’on ose encore appeler des journalistes, je sens bien que c’est l’assaut final.

Un an après, je n’arrive toujours pas à le relater normalement, ce moment. Horrible, Atroce, Inqualifiable… nous avons été des millions à subir ce viol de la France. Je ne peux que me rappeler de cette date : c’est le jour de mon viol. Oui, Je me suis sentie violée, salie, anéantie. Aucune excuse, Aucun pardon ne pourra m’en débarrasser. A cet instant précis, j’ai cessé d’être la petite fille pourrie gâtée et égoïste et j’ai compris : Alassane Ouattara ne reculerait vraiment devant rien pour s’assoir sur ce bout de tissu. Il l’avait convoité depuis trop longtemps, il avait trop consenti d’années à Bédié, puis à Guéi, et enfin à Gbagbo. Il en avait marre, et les Français à travers Nicolas Sarkozy aussi. Et ce qui était arrivé à ma famille n’était que le début de sa vengeance : il allait faire payer à tout le monde. Ceux qui avaient refusé de le soutenir, ceux qui l’avaient abandonné en cours de route, ceux qui ne l’avaient pas aidé assez vite ou assez bien, ceux qui étaient trop zélés… en fait, il en avait après le monde entier, peut-être parce qu’il aurait voulu naître Ivoirien, Président, ou même les deux…

Je suis sûre que tout le monde a déjà expérimenté la ‘‘saturation cervicale’’, comme je l’appelle. C’est lorsque vous avez plus d’un millier de questions qui se bousculent dans votre tête, mais des questions auxquelles vous n’avez ni réponses, ni solutions. Dès que les bombardements avaient repris, ma saturation ne m’avait laissé aucun répit. Gbagbo Laurent était avec sa famille là-dedans ! C’était un homme qui avait tout donné pour son pays, un Président comme rarement l’Afrique en avait connu. Je l’estime énormément, Comme je n’ignore pas qu’il a des défauts extrêmement casse-pieds. Quoi qu’il ait pu faire pendant son mandat de 11 ans, rien ne nécessitait une telle violence. R-I-E-N.
Chaque seconde qui passe me rend plus hystérique que la précédente… je me demande encore comment j’arrive à ne pas tomber en syncope. La France s’attaque, pour une raison PERSONNELLE, à un Président en exercice. Et rien ne se passe, dans ce monde complice. Dans ce Putain de monde à la solde d’un nouvel ordre mondial. Mais où est Dieu ? Que fout il, à laisser cela se faire ? Il ne peut pas oser laisser les méchants l’emporter sur les bons, c’est carrément anti-mythologique ! Mon Dieu, que va-t-il advenir de nous ? Et ces Poltrons de Présidents Africains, à faire comme s’ils n’étaient pas au courant de tout ce qui se trame depuis des années !

Toutes ces questions s’entrechoquent dans mon esprit, et je m’assois par terre, ramenant mes genoux sous mon menton. Brusquement, la nouvelle tombe : RFI annonce que Gbagbo Laurent a été Capturé par l’armée Française. Source : l’Ambassadeur Français Jean Marc Simon. (Je l’ai entendu de mes oreilles, nous avons encore la capture d’écran de rfi.fr) il est par la suite remis aux rebelles d’Alassane Ouattara, qui entre temps, sont passés au lave-vaisselle de la France : ce sont à présent des forces ‘‘Loyales’’ d’Alassane Ouattara, plus des rebelles.
Mes amis, je crois que pendant plus de deux minutes, mon cœur a cessé de battre. Je ne peux pas expliquer ce qui s’est passé. Mon âme s’est déconnectée de mon Corps. Mes jambes sont retombées à plat sur le carreau, mes mains ont suivi le mouvement. C’était comme si on venait de m’annoncer que mon père, pourtant assis près de moi, était mort. B-L-A-C-K-O-U-T. Seuls les sanglots de ma mère déchirent le silence, suivis par ceux de la servante, une femme Dida, puis par l’autre, elle burkinabé. Mon père se lève, prend le bras de maman et lui intime de monter avec lui. Je pense aujourd’hui que c’était parce qu’il ne voulait pas qu’on le voit pleurer. Je ne reviens dans mon corps que lorsque France 24 montre les premières images.

Mon cœur a saigné. Et si une personne en Côte d’Ivoire et dans le monde n’a pas eu un tressaillement à la vision de ces images humiliantes, cette personne sait dès à présent que sa place est en enfer et nulle part ailleurs. S’il s’avère un jour que je doive raconter comment j’ai vécu ce 11 avril à la télévision, je pense que je ne le pourrai pas. Pas sans pleurer. C’était comme si on m’arrachait le cœur, comme si on me broyait l’estomac, comme si on me déshabillait de force… comme si on me violait. Et qu’après, on me découpait en morceaux pour me voir agoniser, en souffrant. Mes larmes coulent encore rien qu’en y pensant. J’ai vu mon Président, donc ma fierté, ma dignité, l’ivoirien lambda représenté en cet homme… je nous ai tous vu porter un casque de l’ONUCI, un gilet pare-balles, être embarqués dans un cargo, filmés comme un animal de foire… Oui, Ivoirien, toi qui t’es battu pour sauver ton pays de ces assoiffés de sang, mais aussi toi qui a vendu ton âme pour un poste dans le gouvernement ou dans le pouvoir Ouattara, je nous ai tous vu être arrêtés par les Blancs pour installer un étranger à la tête de ce pays. Libre, démocratique et INDEPENDANT…

J’ai regardé la télé sans la voir. J’ai reçu la seconde nouvelle plus tard : Désiré Tagro, ex-Ministre de l’Intérieur, avait reçu plusieurs balles dans la bouche et était en train de mourir, transporté d’urgence à la PISAM (Polyclinique Internationale Sainte Anne Marie).

Ce Fameux 11 avril, je me suis sentie Esclave. Je suis restée au sol longtemps. En fait, je crois que mes chaînes pesaient trop lourd…

Lascia un commento

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...

%d blogger cliccano Mi Piace per questo: